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Père Jacques Hamel, Armand Isnard (Artège juin 2018)

 

 

 

 

 

« Le Père Hamel n’est qu’un modeste mais exemplaire curé de campagne dont nous n’aurions jamais entendu parler sans ce drame. »Cette affirmation d’Armand Isnard sur
le prêtre martyr dans son ouvrage Père Jacques Hamel n’est certes pas une banalisation de l’événement mais une reconnaissance implicite de la qualité de ceux qui, dans l’Église, ont consacré entièrement leur vie au Christ. Nous l’avons constaté pour les moines de Thibirine et nous le vérifions encore dans le parcours, tout le parcours, de cet humble serviteur de Dieu.

Quand son évêque demanda à celui-ci quelle serait sa « nouvelle étape » à 85 ans, en songeant au repos qu’il avait amplement « mérité », Jacques Hamel répondit : « C’est ici ma nouvelle étape. »La discrétion, l’humilité, le dévouement et un caractère « un peu colérique »l’aidaient encore, à un âge si avancé, à accomplir sa tâche auprès de ses paroissiens. Nous apprenons que, avec sa sœur Roselyne, l’un et l’autre avaient connu une enfance déchirée par le divorce de leurs parents, ce qui restait rare à l’époque et, plus encore, dans un milieu très catholique.

Au malheur de différents deuils s’ajoutait la mise à l’écart venue de plusieurs familles « chrétiennes ». L’extrême timidité du garçon n’en fut que renforcée et son sens du contact ne s’en trouva pas naturellement développé. Heureusement, une volonté de fer, la constance dans la prière, la messe quotidienne et la Grâce de Dieu pallieront ce défaut. D’autre part, le Père Hamel ne fut pas étranger à l’esprit de Vatican II et il affirmait : « Aujourd’hui, l’annonce de l’Évangile est devenue inséparable du dialogue interreligieux. »

Il n’empêche que l’homme était un prêtre de la grande Tradition, un Curé d’Ars du XXIe siècle qui évoquait les malices et la force du Démon dans notre monde. Aussi, face au terroriste assassin, n’hésita-t-il pas à s’écrier : « Satan, va-t-en ; va-t-en, Satan ! ». Avouons que cette évocation de l’Adversaire n’est pas ordinaire dans le clergé post-conciliaire en France alors qu’elle est, par exemple, fréquente chez le Pape François, venu d’Amérique latine. Soulignons, enfin, le courage d’une femme comme Sœur Hélène qui réplique à un des assaillants du Père disant : « Avez-vous peur de mourir ? » qu’elle n’est pas effrayée « parce que je crois en Dieu et je sais que je serai heureuse. »

Ainsi de la Sainte Colère à l’énergique douceur, tout fut-il « consommé », comme au temps de la Passion, en ce triste jour du 26 juillet 2016.