Question de confirmé

  Ma vie va-t-elle changer après le sacrement de la confirmation ?

Oui, bien sûr ! Mais la perception que j’en aurai est de l’ordre de la foi.

Un sacrement reste d’abord l’action de Dieu-même. Le geste de l’onction et la parole sacramentelle ne sont pas un geste ni une formule magique. L’action de Dieu n’est pas comme une force en suspension autour de nous, que le prêtre libèrerait en disant une formule bien choisie ! Sinon, cela voudrait dire que l’on peut agir sur Dieu et qu’au fond, on se met à la place de Dieu.

L’action de Dieu ne se déploie que dans une relation. Recevoir un sacrement n’a de sens et de force que dans une relation à Dieu, même si elle reste ténue. Il s’agira donc de faire grandir cette relation, sachant que, comme le dit saint Paul, l’Esprit Saint est celui qui nous fait dire à Dieu « Père ! » (Rm 8,15, Ga 4, 6) c’est-à-dire que l’Esprit Saint est force lui-même pour accroître la relation avec Dieu.

Une relation, c’est toujours un lien entre deux personnes. Et il n’y a de vraie relation qu’entre personnes qui restent libres l’une par rapport à l’autre. Dieu respectera toujours notre liberté, y compris celle de le refuser. Il n’a que l’amour qu’il nous porte pour “conquérir” notre liberté. Cette relation, le chrétien peut donc la rechercher, l’entretenir, ou bien la refuser, l’oublier.

Après avoir reçu le sacrement de la confirmation, il n’y a normalement pas de changements brusques (sauf cas extraordinaires, car il faut laisser à Dieu, la possibilité d’agir comme il l’entend.) Mais si l’on entretient cette relation, il y aura des changements au jour le jour. L’action de l’Esprit Saint s’enracine dans une continuité et elle commence bien avant qu’on ait reçu le sacrement de la confirmation.

L’expérience mystique permet de répondre avec assurance que l’action de l’Esprit Saint ne se joue pas d’abord dans le sensible, mais qu’elle doit se situer plus profondément, au niveau spirituel. Rechercher uniquement le sensible pourrait être une recherche tournée vers soi-même et non pas vers Dieu. Néanmoins, les fruits de l’Esprit comme la paix, la joie, la douceur, la confiance, peuvent avoir une expression sensible.

(d’après le site de la Conférence des Evêques de France)