Discours d’ouverture de l’Assemblée plénière de printemps – 02 avril 2019

Discours prononcé par Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille et président de la Conférence des évêques de France.

Une Église en malaise

L’appel à la conversion et à la confiance qui résonne durant ce temps du Carême revêt un caractère particulier dû aux événements de la vie du monde et à ceux de notre Église.

Du 21 au 24 février à Rome, le pape François a réuni tous les présidents des conférences épiscopales du monde entier ainsi que certains préfets de dicastères. Des représentants des congrégations religieuses étaient aussi présents. Quelques personnes victimes d’agressions sexuelles de la part de membres du clergé ont donné leur poignant témoignage. Il s’est agi de renforcer la conscience d’une responsabilité commune et universelle à l’égard des personnes victimes et de réfléchir à la manière de réagir face aux délits ou crimes commis par les personnes coupables. Il s’agissait encore d’entendre ensemble les mêmes interventions et de se faire en quelque sorte une vision commune de notre responsabilité pour que l’Eglise redevienne une maison sûre pour ceux qu’elle accueille, les enfants et les jeunes en particulier. Ces journées étaient marquées également par une place importante faite à la prière.

Dans notre pays, le classement sans suite prononcé d’abord par le procureur de la République de Lyon au sujet du cardinal Barbarin, puis la condamnation de celui-ci, suivie de l’appel engagé par ses avocats, l’attente de la fin du processus judiciaire de la part du Pape pour examiner la remise de sa démission par le cardinal Barbarin, le manque de clarté de la nouvelle gouvernance du diocèse de Lyon, les réactions vives de certaines victimes d’abus, tout cela marque nos Églises diocésaines.

Et je ne parle pas des reportages ou des publications. La mise au grand jour de l’horreur vécue par des religieuses agressées par des prêtres diocésains ou religieux, ou parfois même par leurs propres supérieures, exige que nous unissions nos efforts avec la CORREF pour permettre aux victimes d’être entendues et accompagnées, pour dénoncer avec force ces actes abjects.

Chacun commente les évènements et prend position. Ce phénomène est amplifié par le caractère universel de notre Église : tout ce qui touche un pays a un retentissement dans tous les autres. Il n’est pas étonnant qu’un trouble profond se soit emparé de beaucoup : évêques, prêtres, personnes victimes, religieux, fidèles laïcs, observateurs de la vie en société…

Pour lire l’intégralité du discours, cliquer ici