La journée mondiale des pauvres, une fête ordinaire ?

A la suite du jubilé de la miséricorde, le pape François, nous propose une journée mondiale des pauvres qui aura lieu le 33 ème dimanche ordinaire. Une journée mondiale est là pour nous rappeler et nous faire réfléchir sur un sujet. Il y en a de toutes sortes et le calendrier en est rempli. Le 19 Novembre nous devrons nous pencher sur notre relation à la pauvreté.

Nous disons souvent que nous sommes des pauvres. Certes nous le sommes, mais des personnes sont plus pauvres que nous car elles sont malades, en prison, isolées, à la rue, sans papiers, sous-alimentés… la liste n’est pas exhaustive. Jésus nous rappelle au chapitre 25 de Matthieu qu’il est présent aussi et peut être surtout dans toutes ces personnes. François nous rappelle que ces personnes ont une parole particulière que nous avons à écouter car elles ont été blessées dans leur corps et leur humanité.

Nous disons que Dieu est miséricordieux et qu’Il aime tous les êtres humains. Cet Amour, nous avons à le vivre comme Jésus nous y invite. La méditation et l’étude de Jésus dans les Evangiles nous mettra sur la voie de notre conversion à cet Amour qui est total et qui va jusqu’à donner sa vie. Des grands saints nous donnent l’exemple (François d’Assise, Vincent de Paul, et bien d’autres…). Le père Chevrier qui est cher à mon cœur, disait qu’il faut s’abandonner à Dieu pour devenir du bon pain.

Vivre cet Amour, suivre Jésus dans notre vie, aller vers les plus petits, leur donner la parole, vivre avec eux, marcher sur leur chemin de vie, c’est un effort de toutes une année, de toute une vie. Nous avons à nous convertir en permanence. Comme le père Chevrier nous pouvons méditer la Crèche. Jésus, Dieu fait homme, dans une mangeoire, avec ses parents dans une étable. Qu’y a-t-il de plus fragile qu’un nouveau-né ? Quel mystère que ce Dieu qui vient parmi nous faible et sans défense ! Nous pouvons le rencontrer dans nos frères et nos sœurs blessés par la vie.

« Les pauvres ne sont (pas) un problème : ils sont une ressource où il faut puiser pour accueillir et vivre l’essence de l’Évangile » nous dit François en conclusion de sa lettre. La journée mondiale des pauvres, n’est pas une fête ponctuelle. Elle devrait plutôt être une marche qui nous fait progresser, année après année, vers la sainteté de l’Amour.

 

Philippe Soulmagnon

Délégué diocésain à la Solidarité