Lettre de la Pastorale des Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires

Les motifs et sujets d’inquiétude inhérents à notre époque sont nombreux. Cette époque est-elle pire ou meilleure que les précédentes ? C’est un vaste débat, mais fondamentalement l’esprit du monde tel que saint Jean le conçoit ou comme la mondanité dénoncée par le pape François, n’ont guère changé. Nos frères et sœurs en humanité continuent à se débattre, amenés à lutter contre le doute, cherchant à assouvir cette soif de vérité et d’amour qui pourrait faire connaître cette paix du cœur et de l’âme tant désirée.

Ainsi, cette recherche de certitudes vivifiantes contribue à l’avènement de nouvelles croyances. Celles que nous pensions culturellement perdues de vue, tel le chamanisme, nous interpellent directement ou indirectement sur leurs nouvelles raisons d’exister, dans leur rapport à l’Esprit. Toutes ces nouvelles formes de croire n’échappent pas au risque de déviance, au point de mettre en péril dans certains cas, l’équilibre vital de ses adhérents devenant dangereuses pour la vie en société. C’est la question de la sectarisation d’un groupe.

Chaque chrétien par son baptême se voit appelé à témoigner de cette présence vivante au monde.  Poussés par la Charité du Christ envers tout humain et toute créature, nous sommes ecclésialement  envoyés aux confins du monde. Ainsi, nous sommes invités à faire cet examen de conscience : Qu’est-ce que je connais de ce monde auquel j’appartiens ? Est-ce que j’ose ou non le regarder, m’en informer, découvrir les nouveaux paysages de croyances qu’il génère ? Comment je me positionne vis-à-vis de lui ? Dans cette immersion en eaux profondes, la foi se voit obligatoirement convoquée au témoignage. Je,  se voit interpellé. La rencontre de réalités étrangères induit des déplacements en soi, parfois dérangeants, pouvant aller au refus de voir et d’accueillir l’autre dans sa différence.

Vers ces nouvelles croyances convergent de sincères chercheurs spirituels. Certains d’identité chrétienne n’ayant pas trouvé dans leur tradition, de réponses à leur quête et  ayant adhéré à ces nouveaux chemins, se voient écartelés dans leurs choix de vie.  A contrario certains non chrétiens s’appuient sur l’hospitalité de l’Eglise pour se ressourcer. Ainsi temps de retraite monastiques ou autres, participation aux chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle … permettent de constater les motivations des uns et des autres, qui peuvent être de nature très différente. S’appuyant  sur la structure minimale que leur offre l’Eglise : une proposition, un but, une logistique… ils la reconnaissent pour ses qualités d’accueil, sans pour autant y adhérer. Ils font un choix libre, volontaire et individuel de cheminer, afin de se confronter avec eux-mêmes un temps donné, afin de faire le point sur leur vie. Pour beaucoup d’autres, leur quête est une recherche d’unité, de bien-être passant par le corps, par des états de conscience, des spiritualités orientalisantes … Ces recherches spirituelles profondément marquées par l’individualisme ambiant, se vivent souvent éloignées des religions traditionnellement instituées. Ces quêtes en vue d’un mieux-être font ainsi l’objet d’un florilège de propositions largement médiatisées par un marché où l’argent et le pouvoir en sont malheureusement trop souvent les instigateurs, donnant parfois naissance à des dérives sectaires.

                Notre travail pastoral d’attention à ce monde nous amène à aborder des points concrets. Les pistes sont  nombreuses et nous serons amenés avec votre collaboration à établir un état des lieux et fixer des priorités. Pour cela divers sondages auprès des structures de notre diocèse sont lancées. En fonction de ces remontées, nous serons  en mesure de vous apporter des outils permettant d’aborder ces sujets avec plus de recul. Sociologiquement on peut envisager plusieurs catégories de population dont les univers demandent une attention: les adolescents, les jeunes jusqu’à  trente – quarante ans, les personnes fragilisées.

          Pour celui qui cherche, les moyens d’information sont premiers. Il y a la parole, la relation, l’écrit, l’image. La place de l’image dans notre société est de plus en plus prégnante, ainsi que sa consommation effrénée via les outils de communications informatisés. L’image fixe joue toujours un rôle  au travers de la bande dessinée, des mangas….. L’écrit ne perd pas complètement pied, on publie beaucoup de livres, on entretient son blog, on envoie des e-mails … Pour la parole, ses canaux sont divers : la radio, la musique, les chansons pour le poids des mots, la place des communications téléphoniques, mais c’est surtout lorsque la parole soutient l’image et vice versa : films, vidéos… Alors tout l’univers de l’audiovisuel combiné avec le web ouvre un champ d’exploration infini pour le chercheur. C’est le grand bazar mondialisé, où l’on trouve le meilleur comme le pire, où tout se vaut. Rapidement se pose la question du discernement, du conseil, de l’accompagnement. Qui croire ? Où aller ? L’atomisation et la distorsion des liens sociaux sont proportionnelles à l’individualisation des moyens d’information. L’isolement des personnes est masqué par la virtualité des communications de surface. Il est donc primordial de porter un regard attentif sur ce monde contemporain, pour l’entendre et l’accompagner, même dans les terrains boueux. Cela sous-entend d’oser la rencontre et de permettre que tout notre être soit au service de la vie, dans la pratique d’un langage recevable par l’autre.

 

Si vous êtes sensibles à ces questions, si vous désirez donner votre avis et répondre à ce sondage : pncds87@gmail.com  ou par courrier PNCDS 87 François Le Ciclé  3, La Croix Martin  87140 NANTIAT

-Etes-vous intéressé par la problématique que nous venons de pointer ? Si non pourquoi ?

-Ces nouvelles façons de croire sont souvent beaucoup plus proches que nous l’imaginons : amis, famille, frère ou sœurs dans la foi, cultivent quelques jardins secrets comblant leur soif spirituelle.  Pouvez-vous témoigner de tels cas ?

-Vous est-il arrivé d’entrer en dialogue avec ces nouveaux milieux et comment vous y êtes-vous  situé ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

-Avez-vous déjà été confronté de près ou de loin à des problèmes sectaires ?

-Pensez-vous être plus attentif maintenant à ces nouvelles tendances et aux enjeux qu’elles induisent pour  l’évangélisation ?

-Y a-t-il des sujets particuliers dont vous voudriez nous faire part ou que vous voudriez voir être débattus ?

                                                                             François Le Ciclé  Délégué diocésain PNCDS