Nouveau message de Monseigneur Jean-Yves Riocreux, évêque de Guadeloupe

En ce jour du Seigneur, partout dans nos paroisses la prière et la quête pour nos frères et sœurs de Saint Martin. A Saint-Pierre Saint Paul, lors d’une belle célébration avec les sœurs de Chartres célébrant le jubilé du départ des premières sœurs au 18ème siècle, nous avons évoqué les deux communautés des religieuses de cette congrégation présentes à St Martin depuis 1855 et à St Barth depuis 1932.

Puis, avec le diacre Alain Bertaud qui travaille à l’aéroport et un médecin Rami Mistrih, j’ai pu passer un long moment avec les enfants et les mamans, des personnes âgées dans le hall de Pôle Caraïbe. Impressionnant ! Des dizaines de personnes en attente d’une décision pour la nuit ou le retour en France, en Europe et aux USA. « Chaque personne est un cas », me glisse Alain. Longue rencontre avec  les membres de la Croix-Rouge, venus de France ou guadeloupéens, heureux de voir leur évêque avec eux.

Puis, par téléphone, j’apprends que le Père Rossi a célébré la messe avec seulement dix personnes dans la salle de catéchisme de Gustavia. Il prévoyait de venir demain pour la réunion du presbyterium. Devant l’afflux de personnes désirant rentrer en Guadeloupe, il restera sur place.

A Saint-Martin, le père Freddy Hessou a célébré la messe dans l’église de Marigot. Une paroissienne me dit : « C’est pas facile ». De fait, plus d’essence et marche au milieu des rues et maisons détruites.

Les média « couvrent » l’évènement et la polémique devant l’évènement non préparé. De fait, cinq jours avant, il était évident qu’Irma pourrait ravager nos iles. Et ce fut le cas à Saint Martin, île singulière à tous égards, avec délinquance connue d’une jeunesse nombreuse. La conséquence : les populations rencontrées ce jour ont été doublement terrorisées : par la nuit dramatique mardi soir et par l’insécurité dans l’ile.

Au milieu de tout cela, une Allemande me confie ces heures terrifiantes dans le sous-sol de l’hôtel. On se tenait tous la main été il y eut une grande solidarité. Handicapée d’une jambe, elle a pu venir en Guadeloupe et partir dès ce soir vers Berlin. Plus émouvant encore : un bébé de dix jours avec sa maman et les enfants jouant dans un espace. La maman m’a dit simplement : c’était insupportable, je n’avais pas de lait pour mon enfant.

Des personnes traumatisées. Et, la présence réconfortante des bénévoles de la Croix-Rouge.  J’ai invité les membres du Secours Catholique diocésain à les rejoindre pour accueillir les centaines de personnes profondément marquées par Irma et ses conséquences.

Un message du Père Spriet, aumônier militaire, qui accompagne les militaires est impressionné : « C’est un champ de ruines et de détritus ». Il accompagne au mieux à l’aéroport de l’espérance et est étonné par le côté cool des Antillais…même devant  une telle catastrophe.

Je sais que la prière de tous, y compris du pape, nous rejoint. Et nous, nous sommes unis à l’assemblée à Notre Dame de Paris pour l’ordination de l’évêque aux armées, Mgr Antoine de Romanet. J’aurai dû être à Paris pour cette célébration !!

 

+ Jean-Yves RIOCREUX

Dimanche 10 septembre à 21H