Communiqué de Mgr Bozo suite au décès de Vincent Lambert

Monsieur Vincent Lambert est mort. Nous sommes invités à la prière et à l’Espérance. Sa mort est à toute autre pareille. Et à nulle autre. À toute autre parce qu’elle est cause de tristesse pour ses proches, pour lesquels nous sommes d’autant plus invités à prier que la situation conflictuelle entre eux rend plus éprouvant encore le temps du deuil. À nulle autre parce que Monsieur Lambert a fait l’objet, à son insu, depuis dix ans, d’un débat auquel il n’a jamais été en mesure de participer verbalement, qui a divisé sa famille et l’opinion publique, mais aussi les médecins et les tribunaux et qui a abouti, comme nous le savons hélas, à l’incompréhensible décision de cesser l’alimentation et l’hydratation, jusqu’à ce que mort s’ensuive.

C’est l’heure du recueillement, de la réserve et du respect. Ensuite, il faudra bien continuer de nous interroger sur notre rapport à la maladie, à la mort, à la dignité humaine. C’est la question de nos frères les plus fragiles, les plus vulnérables, qui est posée ici. Ne jugeons pas les différents acteurs de cette longue et douloureuse affaire, Dieu seul est juge. Mais n’esquivons pas la question qui nous est posée à travers elle : Qu’est ce qu’une vie digne d’être vécue ? Que faisons-nous, chacun, de nos frères ?

Que ce frère-ci, Vincent, connu et inconnu, repose dans l’éternelle joie de son créateur et Sauveur.

†Mgr Pierre-Antoine Bozo

Évêque de Limoges