Homélie des confirmations de l’AEP

Solignac – 3° dimanche de Pâques (C) – 5 mai 2019

+

Vous êtes des jeunes comme les autres. Ni meilleurs ni pires. Dans les lettres que vous m’avez envoyées pour demander la confirmation, l’un de vous écrit : « Nous ne sommes pas des anges, mais nous sommes gentils quand même ». Je n’en doute pas ! Une autre m’a écrit, après votre week-end au monastère de Sainte Croix : « Je ne veux pas être religieuse, je veux juste être une bonne chrétienne ». C’est une excellente idée. Je ne sais pas si c’est plus facile d’être «juste une bonne chrétienne » que d’être religieuse, mais je suis certain que le don de Dieu qui vous est fait aujourd’hui va vous y aider !

 

J’aime bien lire vos lettres, parce que vous y parlez avec simplicité de vos vies, de votre foi, de vos projets, de vos joies et de vos peines. Certains d’entre vous ont traversé des épreuves lourdes, ont perdu un ami, un proche, ont vécu des difficultés familiales.

 

Cela rejoint notre Évangile. Nous sommes après la résurrection de Jésus qui est le grand tournant de l’histoire. La mort, le mal ont été vaincus par Jésus. Pourtant la Résurrection ne change pas les conditions habituelles de vie des hommes.

 

Les Apôtres savent que Jésus est ressuscité, mais ils doivent continuer de pêcher pour vivre. Et d’ailleurs, ça ne mord pas, ça ne marche pas. « Ils ne prirent rien cette nuit là ». Après la Résurrection de Jésus, l’échec et la peine font encore partie de leur expérience, comme de la nôtre.

 

Mais Jésus se tient sur le rivage, pas loin. Ils ne savent pas que c’est lui. Jean le reconnaît et dit à Pierre : « c’est le Seigneur » ! Alors Pierre se jette à l’eau pour rejoindre Jésus au plus vite, puis il y a cet échange avec Pierre à qui Jésus demande trois fois « m’aimes-tu » ?

 

Vous vous souvenez que Pierre avait renié trois fois Jésus, avait dit ne pas le connaître au moment de son procès. Et Jésus pardonne à Pierre, comme il nous pardonne à nous. L’une d’entre vous m’a écrit : « Pour moi Jésus est tout, il prend une place énorme dans  mon cœur, même si devant mes amis, je n’ose pas en parler ». Ne pas oser en parler devant nos amis, c’est faire un peu comme Pierre.

 

Vous vous rendez compte que celui à qui Jésus confie la mission la plus importante dans l’Église, est celui qui l’a renié, qui a dit à trois reprises : « non, je ne le connais pas », alors qu’il avait promis qu’il donnerait sa vie pour Jésus !

 

Mais Jésus n’enferme pas Pierre dans sa lâcheté, dans son péché. Il lui redit « suis moi ».

 

A vous aussi, Jésus dit « suis-moi » ! A chacun, Jésus dit « sois mon ami, fais-moi confiance ». Et pour cela, il vous donne une force particulière : son Esprit-Saint. Esprit d’amour, de sainteté, de force, de vérité ! Cet Esprit agit comme le vent : on ne le maîtrise pas, on ne le voit pas, mais il est à l’œuvre, comme Jésus l’a promis.

 

Après votre confirmation, c’est comme dans l’Évangile, la vie ordinaire va continuer, avec ses joies et ses peines, ses réussites et ses échecs. Mais vous aurez pour toujours en vous cette force intérieure, ce don de l’Esprit-Saint à qui il faudra laisser sa place, qu’il faudra laisser agir et qui permettra de n’avoir jamais peur.

 

Je termine en laissant la Parole au Pape François, dans le beau texte qu’il vient d’écrire pour les jeunes : « Christus vivit : il vit le Christ ».

 

« Quand tu le reçois, l’Esprit Saint te fait entrer toujours plus avant dans le cœur du Christ, afin de te remplir toujours davantage de son amour, de sa lumière et de sa force. Invoque chaque jour l’Esprit Saint. Pourquoi ne pas le faire ? Tu ne perds rien et il peut changer ta vie (…). Il ne te mutile pas, il ne t’enlève rien, mais il t’aide à trouver ce dont tu as besoin de la meilleure façon. (…) Il est la source de la meilleure jeunesse » (N° 130-133).

Avec le Pape François, je vous souhaite la « meilleure jeunesse », dans l’amitié avec Jésus, dans la force de l’Esprit Saint, pour que vous soyez ses témoins. Amen.

 

† Pierre-Antoine Bozo