Lettre de Mgr BOZO, à propos des pauvres

Toussaint 2017

Chers frères et sœurs,

 

Alors que je continue à découvrir le diocèse, il m’a été donné ces derniers jours de vivre deux rencontres marquantes. Celle des « mouvements et associations de fidèles » qui se sont retrouvés jeudi 19 octobre et le jeudi suivant, en comité plus restreint, le conseil diocésain de la solidarité.

J’ai été impressionné par la très grande variété d’expressions du service des frères, spécialement des plus petits, représentées à travers les participants. J’ai rendu grâces à Dieu pour la foi agissante de tant d’entre vous, en fidélité à l’Évangile et à l’option préférentielle de l’Église pour les plus pauvres. A l’action de grâces je voudrais ajouter l’expression de ma vive reconnaissance pour tous ceux qui, à tous les échelons, visibles ou non, s’engagent fidèlement, généreusement, avec inventivité et parfois beaucoup de courage, au service de leurs frères dans le besoin.

Mais nous ne pouvons évidemment pas nous déclarer quittes. encore moins députer à quelques-uns le service de la charité, comme s’il n’était pas l’affaire de tous et de chacun. La voix des pauvres, des précaires, continue de crier vers nous ! Et le Saint Père, fidèle à sa mission, vient encore nous stimuler dans notre responsabilité de disciples du Christ en proposant cette année la première « journée mondiale des pauvres ».

Elle aura lieu le 19 novembre prochain, 33° dimanche du temps ordinaire, comme une préparation au dernier dimanche de l’année liturgique, dit du Christ Roi de l’Univers. Le Pape François a eu l’intuition de cette journée en clôturant l’année de la Miséricorde, en novembre dernier (cf. sa lettre apostolique Misercordia et misera, du 20 novembre 2016, n° 21). Pour nous aider à préparer et à vivre cette journée, le successeur de Pierre nous a donné un très beau message, daté du 13 juin 2017, intitulé « N’aimons pas en parole, mais avec des actes »[1]. Il y explique que cette journée mondiale des pauvres, est une suite logique de l’année de la Miséricorde puisque « la Miséricorde, qui jaillit du cœur de la Trinité, peut arriver à mettre en mouvement notre vie et créer de la compassion et des œuvres de miséricorde en faveur de nos frères et sœurs qui sont dans le besoin » (n°1).

En réfléchissant à la manière de valoriser cette première « journée mondiale des pauvres », avec les membres du conseil diocésain de la solidarité, nous avons convenu que… je vous écrirai pour vous inviter à lire cette lettre et à réfléchir à la manière de vous laisser stimuler par elle. Cette journée mondiale des pauvres doit être « un appel fort à notre conscience de croyants » (n°9). Dans sa lettre, le pape fait quelques propositions concrètes pour la vivre dans les paroisses en s’y préparant la semaine qui précède par « de nombreux moments de rencontre et d’amitié, de solidarité et d’aide concrète » et en se retrouvant tous lors de la messe du 33° dimanche.

J’invite donc les pasteurs, les paroisses, même si les délais sont brefs, à diffuser ce message roboratif du Pape, à inviter à des initiatives locales, à vivre ce dimanche « autrement », c’est à dire avec une attention spéciale pour les plus petits. Ce 19 novembre sera aussi en France, par une heureuse coïncidence, le dimanche du Secours Catholique. Notre don et notre éventuel investissement dans ce mouvement trouveront un sens spécialement adapté en cette journée mondiale des pauvres.

Vous savez le risque d’une « journée mondiale », quelle qu’elle soit : c’est qu’une fois passée, on tourne la page. C’est bien à nous donner et redonner le goût de la charité vécue, au jour le jour, concrètement, de mille manières, que cette journée veut nous encourager. Accueillons-là comme telle, généreusement.

Je prie le Père des Miséricordes de nous inspirer à tous une charité en acte, inventive, qui « ne cherche pas son intérêt (…), ne se réjouit pas de l’injustice, mais met sa joie dans ce qui est vrai » (1 Co. 13, 5). Nous entendrons les Béatitudes en cette fête de la Toussaint, et la première d’entre elles résonnera avec force : « Heureux les pauvres de cœur, car le Royaume des Cieux est à eux ».

+ Mgr Pierre-Antoine Bozo

évêque de Limoge