Mot de Mgr Bozo à la fin de l’ordination épiscopale – Limoges – 3/09/2017

Chers amis présents en cette cathédrale, sur son parvis

ou rejoints par les ondes de la télévision ou de la radio,

Comme le Mystère de l’Église est beau ! Surtout quand elle est rassemblée pour la louange comme aujourd’hui. Le caractère solennel de cette consécration épiscopale et son sens symbolique foisonnant nous font réaliser à tous – et à moi avec un certain vertige – à quel point ce ministère de l’évêque est l’héritier d’une très longue histoire. Elle puise ses racines dans l’Ancien Testament, comme la liturgie l’a rappelé. Elle s’origine en Jésus-Christ, dans son choix d’appeler les Douze et de les envoyer en son nom. Elle se continue dans l’acte des Apôtres qui ont appelé des successeurs et leur ont imposé les mains, afin de transmettre ce qu’eux-mêmes avaient reçu du Seigneur. Et ainsi cette tradition vivante arrive jusqu’à nous, aujourd’hui.

Dire cela, c’est affirmer, en écho à l’homélie de Mgr Habert, que cette ordination dépasse ma petite personne et nous introduit dans l’immense Mystère du Dieu Vivant et de son Église. Oui, tout ce grand apparat liturgique atteste que nous avons accès à Jésus-Christ, dans l’Église, fondée sur les Apôtres. Et avec S. Paul aux Corinthiens, je le dis bien fort pour essayer de bien le vivre : « Ce n’est donc pas nous que nous prêchons, mais le Christ Jésus, Seigneur. Nous ne sommes, nous, que vos serviteurs, à cause de Jésus-Christ » (2 Co. 4, 5).

Avec vous, chers diocésains de Limoges, je veux que nous marchions à sa suite. De tout mon cœur, par le don de ma vie, je veux être votre serviteur, à cause de Jésus-Christ, vous aider à en être les disciples, en le devenant davantage moi-même. Car vous savez, selon la belle formule de Saint Augustin que si « pour vous je suis évêque, avec vous je suis chrétien » et donc, avec vous, je veux me convertir, pour qu’ensemble nous marchions vers la Jérusalem Céleste.

Avec vous chers diocésains de Séez, venus si nombreux m’accompagner en ce jour solennel, je veux rendre grâces pour ce que j’ai reçu dans cette belle Église de Séez, qui m’a enfanté à la vie chrétienne et au sacerdoce. Désormais, je ne suis donc plus membre du clergé de Séez. Ca ne m’empêche pas de vous rester proche par la prière et la fraternité. Et je sais que les innombrables liens humains qui se sont tissés durant ces années ne disparaissent pas, même si je ne pourrai plus les honorer de la même manière.

A vous, ma famille – nombreuse, quelle chance d’avoir une grande famille, même si elle occupe beaucoup de place dans cette cathédrale ! – je veux dire l’immense reconnaissance qui m’habite pour tout ce que vous m’apportez chacun à votre manière. La pudeur et le chronomètre m’empêchent de le détailler, mais Dieu sait bien ce que je dois à chacun et moi aussi, je le sais en partie et j’en rends grâces.

Je rends grâce aussi pour vous, les amis des différentes étapes de ma vie. Votre présence est un vrai cadeau. Je mesure le prix précieux de toutes ces amitiés variées. Merci de votre fidélité.

Je voudrais spécialement me tourner vers les jeunes du diocèse, venus réfléchir, marcher et prier durant ce week-end. C’est une grande joie pour moi de vous savoir en route, en quête de Vérité et de sens pour vos vies, en quête de Jésus-Christ. Vous le trouverez dans son Église, vous le trouverez si vous cherchez ensemble, vous le trouverez si vous priez, vous le trouverez si vous servez les plus pauvres. Et en le trouvant, vous vous trouverez vous même, comme nous l’a rappelé l’Évangile. Et votre vie sera belle et pleine.

Depuis que j’ai été nommé évêque de Limoges, je prie pour ceux, parmi vous, que le Seigneur Jésus appelle à lui consacrer toute leur vie, afin qu’ils  lui répondent joyeusement. Croyez que Jésus-Christ, comme disait le Pape Benoît XVI, «n’enlève rien et il donne tout ! ».

Un grand merci à vous, Monsieur le Préfet, Monsieur le Maire, Mesdames et messieurs les représentants des autorités civiles, militaires, consulaires, ainsi qu’aux élus, pour votre présence significative aujourd’hui. Elle rend manifeste que le régime de laïcité de notre pays ne signifie ni rejet, ni indifférence par rapport à l’Église Catholique et aux religions, mais respect mutuel. Je suis certain que je pourrai compter sur votre disponibilité comme je vous assure de la mienne au service du bien commun, au service de la paix.

Je veux dire ma gratitude à mes frères évêques, qui m’ont accueilli si chaleureusement dans leur collège. Merci d’abord à Mgr Le Nonce, qui après m’avoir fait une drôle de surprise en me conviant à la nonciature pour m’apprendre ma nomination au siège de Limoges, me fait aujourd’hui la bonne surprise de venir m’imposer les mains et m’accueillir dans le collège épiscopal. Merci Monseigneur de représenter pour nous le Saint Père dans notre pays.

Je dois dire ma reconnaissance toute particulière à mes deux prédécesseurs sur cette cathèdre : Mgr Dufour et Mgr Kalist. Je récolterai ce que vous avez semé généreusement dans ce diocèse qui devient le mien et tâcherai d’être votre digne successeur. Merci à notre métropolitain, Mgr Wintzer, d’avoir présidé cette consécration et de veiller à la communion des cinq diocèses de notre Province.

Je veux aussi mentionner parmi les évêques Mgr Justin Kientega, évêque de Ouahigouya au Burkina Faso, jumelé avec le diocèse de Limoges depuis le Concile Vatican II. Merci d’avoir fait le long voyage, avec Sylvie Ouedraogo et longue vie à notre jumelage !

Merci à vous, mes frères évêques de Normandie. Parmi vous, je veux dire en particulier ma profonde gratitude à mon frère Jacques, évêque de Séez. Non seulement parce qu’il a accepté de nous commenter l’Écriture, mais parce que en le côtoyant, j’ai eu sous les yeux un beau modèle d’évêque, qui m’inspirera.

Et je veux aussi saluer avec amitié Mgr Antoine de Romanet, qui sera consacré dimanche prochain évêque du diocèse aux armées françaises. Nos communes années romaines, ses attaches Ornaises et le Limousines présagent un bon compagnonnage  dans l’épiscopat…

Merci aussi à Mgr Ribadeau-Dumas, secrétaire général de la Conférence des Évêques de France, pour sa présence et son soutien et celui des services de cette Conférence.

Merci à mes nombreux frères prêtres, diacres et séminaristes, de Limoges, de Séez, de Normandie venus m’entourer bien fraternellement. Merci à tous les consacrés, religieux et religieuses, dont la présence est si précieuse pour l’Église !

Je veux saluer et remercier de leur présence les représentants des différentes Églises et communautés chrétiennes, les représentants des cultes Israélite et musulman. Plus que jamais, nous avons ensemble à donner le signe de la fraternité en la vivant. Votre présence y contribue aujourd’hui, je vous en suis très reconnaissant.

Enfin, comment ne pas remercier spécialement tous ceux qui se sont impliqués dans l’organisation de cette journée, de manière visible ou invisible, à Limoges et à Séez aussi ? Je ne m’aventure pas à détailler nommément chacun. Mais je dois nommer le Père Claude Chartier, non seulement pour avoir coordonné cette journée, mais surtout pour avoir  assuré avec un grand dévouement l’administration du diocèse depuis le départ de Mgr Kalist. Je vous remercie beaucoup, Père, du travail accompli et aussi d’accepter la charge de Vicaire Général pour l’année qui vient.

Depuis mon arrivée à Limoges, j’ai pu rencontrer à plusieurs reprises avec vous le collège des consulteurs que je remercie également de son dévouement pendant la vacance du siège épiscopal. Merci d’avoir accepté de devenir membres du conseil épiscopal pour une durée d’un an. C’est le temps que nous nous sommes donnés pour que je sillonne le diocèse à travers une visite pastorale dont vous serez informés du calendrier et des détails prochainement.

Je ne pourrai probablement pas vous saluer tous individuellement, mais je ne peux mieux le faire qu’en vous gardant dans ma prière près de Notre Dame et en vous donnant, avec le soutien de Saint Martial, la bénédiction solennelle que je vous invite à recevoir comme une manifestation de l’Amour de Dieu pour chacun de vous.

 

† Pierre-Antoine Bozo