Parole aux Églises (RCF) – 2 janvier 2019

Nous voici donc lancés depuis hier dans une nouvelle année. Quel beau cadeau : une année toute neuve, une année qui nous est donnée, vierge, une page blanche. Même si nous avons déjà quelques projets, nous ne savons pas ce que sera cette année 2019, ni pour nous, ni pour nos proches, ni pour le monde. Mais le temps est un cadeau. Un cadeau que Dieu nous offre. Je vous invite à recevoir cette année 2019 comme un cadeau de Dieu.

Le temps, pour les chrétiens, n’est pas une donnée neutre, il est plein d’une densité, d’un sens qu’il convient de déchiffrer. Nous avons un rôle à y jouer. Dieu a voulu compter sur la réponse intelligente et libre de l’homme, qui marque le temps, influence l’histoire.

Bien sûr, nous sommes guéris, à la longue, d’imaginer un paradis sur terre. La seule certitude, c’est que l’histoire nous conduit vers le Royaume de Dieu. Cette « terre nouvelle où régnera la justice et dont la béatitude comblera et dépassera tous les désirs de paix qui montent au cœur de l’homme » dit le Concile Vatican II (GS 39).

Mais, soyons pragmatiques. Selon une belle formule du Père de Lubac, « pour s’élever jusqu’à l’éternel, il faut pour l’heure, prendre appui sur le temps et besogner en lui. »

Nous pouvons changer le cours de l’histoire. Dans certains cas pour le mal, comme dans le cas du péché d’Adam et d’Ève ; mais, dans d’autres, en participant activement à la réalisation du dessein divin. Cette année, c’est en gros 2019 ans depuis l’événement central de l’histoire humaine la venue du Fils de Dieu en notre chair. Cet événement qui a changé le cours de l’histoire, qui l’a sauvé, est un pur don de Dieu, une pure grâce. Mais Dieu a voulu avoir besoin pour se faire homme de la collaboration humaine. Cette collaboration décisive et magnifique, c’est celle de Marie, lorsqu’elle accueillit le Fils de Dieu dans son sein, par un « fiat » résolu.

Alors, si au seuil de 2019, des tas d’indicateurs de conjoncture ne sont pas très encourageants, plutôt que de passer notre temps à maugréer, à nous plaindre, à accuser les politiques de tous les maux, regardons ce qui dépend de nous, le « oui », que Dieu attend de nous cette année nouvelle, afin que 2019 soit un an de grâces du Seigneur.

† Mgr Pierre-Antoine Bozo
Évêque de Limoges

 

(Diffusé le 2 janvier 2019)