EDITO Décembre 2018

Invités par le Christ…

 

En ce temps de l’Avent qui nous fait cheminer jusqu’à Noël, nous nous approchons d’une période de réjouissances et de fêtes familiales, laquelle doit aussi être une période d’interrogations pour chacun de nous…

Non pas d’interrogations perplexes car, en commémorant la venue du Christ en notre monde, nous savons parfaitement quel message majeur y est rattaché mais peut-être d’interrogations sur notre vie et la façon dont nous la conduisons.

Ce chemin vers Noël n’est pas sans rappeler la parabole des invités à la noce… qui refusent l’invitation du souverain !…

Dans ce texte, l’un des plus chargés en symboles, on retrouve des interprétations variables dans les écrits de Matthieu (Mt. 22, 1-14) et de Luc (Lc.14, 16-24) et bien sûr, des analogies avec les événements qui peuvent jalonner notre vie…

La noce tout d’abord, qui dans toutes les familles revêt un caractère exceptionnel car c’est un acte majeur et un accomplissement ; le repas ensuite, qui marque notre quotidien mais aussi de grands événements et enfin la fête, pour signifier que l’on est heureux d’être ensemble.

Cette noce, n’est-ce pas celle à laquelle nous convie le Père, pour établir le lien qu’il veut créer avec le monde et ce repas, n’est-ce pas celui que nous commémorons au cœur de chaque Eucharistie ?…

Quant à la fête, peut-on imaginer le royaume de Dieu autrement que dans un contexte de joie et de bonheur ?…

Et voilà que les invités refusent de se rendre à la noce ; tous ont une bonne raison et d’autres engagements qu’ils estiment plus importants que l’invitation…

Et là encore, autre analogie et autre interrogation : ces invités, n’est-ce pas nous, centrés sur notre quotidien, absorbés et dévorés par nos vies trépidantes, enfermés dans notre monde et dans une logique qui n’est certainement pas celle de Dieu ?…

Dieu nous convie en permanence à partager joie, bonheur et amour et très souvent nous passons à côté de cette invitation ; nous ne la voyons ni l’entendons, faute d’être suffisamment ancrés dans cette logique de lien et d’échange avec le Père.

Sans doute est-ce là le talon d’Achille de notre humanité qui, tout au long de son histoire – à quelques exceptions près – est loin d’avoir répondu aux rendez-vous que Dieu lui a donné.

Deux dernières analogies enfin : lorsque le souverain envoie ses serviteurs inviter les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux… n’est-ce pas une façon pour Dieu de nous rappeler qu’il est d’abord venu pour les plus petits d’entre nous, lui-même s’étant incarné dans le plus grand dénuement ?…

Et ces serviteurs justement, comment ne pas voir en eux les apôtres puis tous les témoins et missionnaires qui ont traversé l’histoire, mettant en œuvre l’enseignement du Christ : « Allez et de toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés ». (Matthieu 28, 19-20)

 

GG