Saint-Luc : Toussaint et commémoration des fidèles défunts

Toussaint et commémoration des fidèles défunts

La fête de Toussaint ne se trouve pas dans la Bible, comme la plupart des grandes fêtes liturgiques : Noël, Pâques, Pentecôte. Elle a été instituée par l’Église, après les persécutions, pour célébrer tous les martyrs des premiers siècles ; puis elle a été étendue plus tard à tous les saints.

En 610, le Pape Boniface IV la fixe au 13 mai. Ce jour-là, il fait transporter dans l’ancien temple païen du Panthéon toutes les reliques des martyrs des catacombes romaines. Le Panthéon devient une église dédiée “à Sainte-Marie et aux martyrs”. Un siècle plus tard, cette fête est transférée définitivement au 1er novembre par le pape Grégoire III, qui dédicace en ce jour une chapelle de la basilique Saint-Pierre en l’honneur de tous les saints.

En 835, Grégoire IV ordonna que cette fête soit célébrée dans le monde entier. Au XXème siècle Saint Pie X l’insère dans la liste des fêtes, que l’on célèbre comme un dimanche. On l’appelle parfois la « Pâque de l’automne ». Elle célèbre en effet, avec éclat, notre sainteté à venir, non pas celle qui viendrait de nos mérites, mais celle que Dieu nous a donnée, avec sa Vie et son Amour, le jour de notre baptême. La Toussaint est un jour de grande joie. Elle illumine le jour suivant, le 2 novembre, journée de commémoration de tous les fidèles défunts.

Le 2 novembre, en effet, l’Eglise nous invite à prier pour les morts et à leur demander de prier pour nous. Cette fête, instituée en 998 par Saint Odilon, abbé bénédictin de Cluny, s’étendra vite aux paroisses.

Penser et prier avec ceux que nous avons aimés fait partie de notre foi. On peut leur demander de prier pour nous, de s’associer aux joies et aux difficultés de notre vie et, le jour venu, de nous aider dans notre propre passage en Dieu, notre Pâque, (rappelons-nous qu’en hébreu “Pâque” veut dire “passage”). Célébrer la mémoire de nos défunts n’est ni mortifère ni déprimant. C’est au contraire un vrai témoignage de foi dans la résurrection et la vie éternelle. C’est, en acte, la communion des saints que nous proclamons dans le Je crois en Dieu.

 

Tous ceux qui, les 1er et 2 novembre, fleurissent les tombes des leurs, ne sont sans doute pas étrangers au message d’espérance proclamé par l’Église, même si l’on peut regretter que la fête joyeuse de la Toussaint se réduise pour beaucoup à la simple évocation des défunts. Il nous appartient d’être dans la paix les témoins de l’espérance chrétienne.

« Soyez toujours prêts à rendre compte de l’espérance qui est en vous. »

(Première lettre de Saint Pierre 3, 16).