L’Eglise Saint Sauveur et les fresques de Greschny

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Petit historique de l’église Saint Sauveur

  Il semble que la chapelle sud de l’église a été édifiée à l’emplacement d’une chapelle construite vers 805, avant que le château n’existe.

L’église Saint-Sauveur date du XI° siècle.

Le prieuré Saint-Sauveur est fondé par les moines de l’abbaye Saint Sauveur de Charroux à proximité du château de Rochechouart, sur le territoire de la paroisse de Biennac en 1049.

Elle est consacrée le 11 novembre 1067 par Itier Chabot, évêque de Limoges de 1052 à 1073.

Il en subsiste le portail occidental, le mur nord sur toute sa longueur, ainsi que la chapelle sur ce même côté.

D’importantes transformations sont faites dans le chœur et sur la façade sud, avec la construction du portail de type limousin, au XIII° siècle.

À la fin du XIV° siècle, on construit le clocher-tour octogonal dont le massif d’appui carré occupe la première partie de la nef.

Vers 1764 est construite la flèche par un maître-charpentier qui lui donne une forme en spirale, peut-être pour offrir une meilleure résistance au vent.

Au XIX° siècle, on réalise une fausse voûte en bois avec des poteaux pour la soutenir. Cet ajout modifie l’aspect intérieur de l’église.

C’est une église à nef unique, à chevet plat sans transept.

La base du clocher est carrée, puis il devient octogonal, puis est surmonté d’une flèche torse aussi octogonale.

Celle-ci tourne régulièrement de gauche à droite de 1/8e de tour.

Elle a été vraisemblablement conçue torse, d’après une étude de Compagnons, mais sa torsion s’est accentuée au cours des siècles.

Les bâtisseurs ont exploité les diverses couleurs et aspects de la roche de la région, dont la genèse est consécutive à l’impact d’une météorite, pour réaliser des effets décoratifs sur les divers éléments de l’église (piliers, portails…).

 

Eglise SAINT SAUVEUR à ROCHECHOUART (Haute-Vienne)

 Nicolas GRESCHNY et ses fresques

IMGP5135 copie                          IMGP5149

  JULIEN                                                            Vierge à l’Enfant

saint patron de la paroisse                                                                             

 

Nicolas GRESCHNY est l’héritier d’une lignée ininterrompue de fresquistes, peintres d’icônes, depuis le XVe siècle.

Ses ancêtres furent condamnés, « à perpétuité » par Ivan IV, Le Terrible, au métier de peintre d’icônes pour avoir opté contre Moscou, en faveur du schisme orthodoxe, dit des ” Vieux Croyants “.

C’est ainsi qu’après migration d’Ukraine aux pays Baltes, Nicolas va naître, fils de Pope et de peintre. Son père lui lègue tout le savoir théologique et artistique de la tradition iconographique byzantine. Profitant de l’abolition du servage en 1905, son père se rendit de Tallinn (Estonie) en Allemagne à la cour du roi de Wurtemberg, où il est reçu en sa qualité d’aristocrate descendant des Vikings (dit la légende familiale). Là, il épouse une huguenote, Mademoiselle Maréchal, descendante de protestants de la Rochelle, puis revient à Tallinn.

BIOGRAPHIE

1912 : Naissance de Nicolaï à Tallin

1917-1921 : Révolution – Séduit par la révolution, Nicolas fait sa première fresque qui au grand dam de son père représente : une locomotive !

1922-1923 : Exil de la famille, fuyant la persécution religieuse. Vie au château de Wurtemberg et mort du père –

1927-1928 : Berlin : les Beaux Arts

Nicolas entre aux scouts, sous la direction des Jésuites. Emule de Guardini dont il se réclamera, Nicolas se destine à la prêtrise romaine, mais pour conserver la tradition byzantine orthodoxe, opte pour le rite oriental      ” uniate “. Nicolas est engagé par les Jésuites dans le mouvement de résistance au nazisme. Il est chargé de photographier dans les bibliothèques les documents qui serviront à établir ce qu’il appelle ” Le livre blanc du Pape “, relatant les exactions du nazisme. Ce qui lui vaudra un coup de couteau des hitlériens qui le jugent et qui l’inscrivent à titre d’espion, sur leur liste noire.

1934-1937 : Hitler prend le pouvoir. Le réseau est démantelé. Nicolas s’échappe, sans papier, se réfugie à Vienne, s’inscrit aux Beaux Arts et réalise sa première fresque.

 1938 : Nicolaï fuit de justesse en Tchécoslovaquie, il quitte Prague pour Rome. Demande à l’Ambassade de France un visa qui lui est refusé. Muni d’un sauf-conduit du Vatican, il retourne à Riga.

1939 : Pacte Germano-soviétique. Nicolaï s’enfuit pour le Danemark, qui rejette ce ” papiste ”

1940 : Norvège, Angleterre

Mai 1940 : Louvain en Belgique pour faire sa théologie.

Exode. Arrêté sur les bords de la Loire comme apatride – il subit un interrogatoire musclé par des hommes à képi (dixit Nicolas). On se méfie de la 5ème colonne, Nicolas parle allemand, se dit Lithuanien, autrement dit, Germano-Soviétique aux yeux de la police. On lui vole son trésor : les ” Podlinniks “, c’est à dire la collection familiale de tous les modèles de l’art byzantin (le plus grand regret de sa vie)

Juillet 1940 : interné au camp de concentration d’Argelès.

14 Juillet : le chef de camp organise son évasion, avec un groupe de juifs pour les soustraire à la Gestapo : Nicolas GRESCHNY figurait sur la liste noire des Nazis.

1940-1942 : caché chez les Jésuites de Toulouse, Nicolaï passe sa licence de théologie.

1942 à 1944 : Occupation de la zone sud. Nicolas se réfugie dans les petits presbytères de la Montagne Noire. Sans argent, il vit ou survit, en peignant des églises. Participe au réseau de résistance en qualité de passeur.

1945 : Le Vicaire général d’Albi, Gilbert ASSEMAT, l’encourage et lui ouvre de nombreuses paroisses (aujourd’hui, le père ASSEMAT a publié 3 ouvrages sur Nicolas GRESCHNY au ” lions de Judas “). Mais, pour pouvoir se marier selon le rite byzantin, il lui faut une basilique ” orthodoxe “. Celle-ci n’existant pas, il en construit une à la ” Maurinie “, qu’il bâtit selon les canons classiques et revêt d’icônes.

1985 : Il décède à La Maurinie où il est enterré.

 

Technicien de la fresque

Nicolas a réintroduit l’usage quasiment aboli en France, de la fresque” al fresco “. Doué d’une virtuosité de dessinateur et de peintre hors série, il n’utilisera jamais les ” poncifs “(ou pochoirs). Il dessine et peint directement au mur ou au plafond sans repentir, sans commettre une seule erreur de

perspective, de proportion, de nuance, compte tenu de la hauteur de l’édifice, de la configuration des voûtes, de l’architecture, de l’éclairage, etc…

La composition est projetée en des temps record ; toujours équilibrée, harmonieuse, ordonnée en fonction du sujet, et débordante de profusion : on sent la joie du créateur qui donne libre cours à son enthousiasme.                                                                

             Cependant il respecte scrupuleusement tous les canons de la ” liturgie ” iconographique. Mais son originalité transparaît, non seulement dans son art de la ligne, de la composition, mais aussi dans l’harmonie des couleurs.

C’est ainsi, par exemple, que l’on remarque une union d’ambiance entre l’œuvre peinte et la luminosité propre du pays. (Par exemple à Carmaux, pays minier, tons bruns et sombres. A Roussayrolles, le roux-flammé. A Cazedarne, les rouges de la latérite du pays de l’Hérault, à la Crouzette les gris-bleu du granit du Sidohre, etc…).

Nicolaï, le ” déraciné “prend racine en épousant une artiste languedocienne et en traduisant les inscriptions latines en slavonnes, en Langue d’Oc, hommage à la civilisation romane.

Il vit donc, depuis son enfance, dans un climat d’exaltation mystique, politique et esthétique. Le ” Réfusnik “s’est fait ” passeur “.

Dissident à bien des égards, il introduit dans l’occident contemporain un message venu de l’orient ancien, prophétique et prémonitoire.

Il fait partie de cette diaspora slave qui depuis cent ans ensemence la France. ” On y entend venir les cosaques et le Saint Esprit ” disait Léon Bloy – qui dira ce que notre culture doit aux Daguilev, Soutine, Chagall, Marie Curie, etc.….pour ne citer qu’au hasard de la plume. Dans cet immense maelström du XXe siècle, Nicolas GRESCHNY va surnager, cramponné à sa planche du salut : la croix de Byzance.

                 L’art de Nicolas GRESCHNY est avant toute chose, un acte religieux.

C’est, à proprement parler, un sacrement. L’esthétique, la recherche de la perfection et de la beauté, ne sont qu’une exaltation de l’invisible, une voie vers la contemplation. Passeur d’hommes, passeur de Dieu, Nicolas GRESCHNY est ce “pontife” qui dresse l’arche d’unité entre l’Orient et l’Occident, entre le profane et le sacré, entre l’homme et Dieu.

 

 FRESQUES DU CHOEUR  DE L’EGLISE SAINT SAUVEUR

 Adam et Eve chassés du jardin d’Eden –

Cette fresque est surmontée par celle de “L’Annonciation”

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La “Nativité”

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L’annonce de la naissance du Sauveur

faite aux bergers

IMGP5132 Jésus prêche aux foules – Les Béatitudes –

 IMGP5139 La Cène

IMGP5137       Juda part livrer Jésus

(signature de GRESCHNY  au bas à gauche)

 IMGP5140  La Crucifixion

IMGP5141 L’Ange annonçant

                                                                                        la Résurrection de Jésus

IMGP5143

Christ en Gloire et la résurrection des morts