Une crèche étonnante

LA CRÈCHE DE STE VALÉRIE D’APRÈS UN TABLEAU DE LA RENAISSANCE : « L’adoration des mages » de Gentile da Fabriano



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L’adoration des mages, qui se fête chez nous une quinzaine de jours après le solstice d’hiver, est en quelque sorte l’apothéose du conte de Noël.

L’histoire des rois mages vient au départ de l’évangile de Matthieu, qui indique que des mages d’orient, ayant suivi une étoile, vinrent adorer à Bethléem le roi des Juifs nouveau-né, et lui offrirent or, myrrhe, et encens, sans autre précision.

Assez vite aussi, on associa des symboles aux rois mages : censés d’abord venir d’Inde, d’Arabie, et de Perse, ils finirent au XVe siècle par représenter les trois continents connus au moyen âge (Asie, Afrique, Europe, associés aux trois races descendant de Noé – Sem, Cham et Japhet).

On leur avait fait aussi symboliser, à partir du XIIe siècle, les trois âges de la vie. Dans les peintures de la Renaissance, on eut donc généralement un Melchior de type européen avec une barbe blanche, qui apporte de l’or, un Gaspard, de type plus ou moins oriental, en pleine force de l’âge, qui tient une cassolette d’encens, et un Balthazar, basané ou carrément noir, représenté comme un jeune homme, et qui offre au nouveau-né la myrrhe (alors qu’au moyen âge, l’éphèbe et homme de couleur était plutôt Gaspard – dont la peau était rouge).

La scène de l’adoration des mages étant une des plus représentées dans la peinture occidentale jusqu’au XVIIe siècle, c’est à travers ces œuvres que s’est fixé la forme imaginaire définitive du mythe, ainsi que ses variations. Depuis Giotto, mais surtout à partir de la fin du XVe siècle, les peintres ont en effet varié de façon très mesurée, en fonction des préoccupations de leur époque et de leur commanditaire, les différents paramètres de la scène.

Dans de nombreuses représentations du quattrocento, marqué par le gothique international, un long ruban des cavaliers qui viennent déposer leurs offrandes aux pieds du nouveau-né, se déroule jusqu’au fond du tableau.

Ces œuvres condensent en une seule image la scène de l’offrande et le voyage des rois mages : ainsi ce tableau de Gentile da Fabriano conservé au musée des Offices, et qui nous plonge dans la féerie du conte.

L’église Ste Valérie met en scène cette année ce célèbre tableau dans de multiples reproductions… en version 4×3 au-dessus du chœur, en version tapisserie sur un métier à tisser, enfin en 3D par une extraordinaire évocation du tableau et des personnages dans des costumes somptueux de la renaissance dans une scénographie réalisée en partenariat avec l’Association de Mise en Valeur du Patrimoine de Bridiers / FRESQUE HISTORIQUE / La Souterraine. Plus d’une dizaine de personnages, la Sainte Famille, les Mages et d’autres personnages comme sortis du tableau dans un décor réalisé par les bénévoles de la paroisse et dans une mise en lumière de la société REGARDS DESIGN AUDIOVISUEL confère cette année à la crèche de Ste Valérie un caractère exceptionnel et unique.

La crèche est visible aux horaires d’ouverture de l’église et en dehors des offices.