Homélie pour l’Épiphanie 2020
Changer de paroisse

Homélie pour l’Épiphanie 2020

Les mots de l'évêque

Publié le 6 janvier 2020

Épiphanie 2020 – Cathédrale Saint Etienne

+

Je ne vais pas vous parler de galette à la frangipane, ni des prénoms ou de la couleur de peau des rois mages.

Je voudrais méditer à partir de deux mots liés à cette fête : Manifestation et adoration

  1. Épiphanie, manifestation. Dans manifestation, il y a manifeste. Or en Jésus, Dieu se révèle tout en se dissimulant. On ne le trouve donc qu’en le cherchant. C’est notre condition de chercher.

« Des chercheurs qui cherchent, on en trouve ; des chercheurs qui trouvent, on en cherche ». De Gaulle

J’aimerais être certain qu’on trouve des chercheurs qui cherchent… Qui cherchent sans trouver, du moins sans trouver complètement, sans trouver définitivement.

Saint Augustin : « Seigneur, je t’ai cherché et tu m’as fait te trouver. Mais fais que t’ayant trouvé, tu me donnes la grâce de te chercher encore ».

Que durant cette année, nous demeurions des chercheurs de Dieu. Notre foi est ferme, appuyée sur le roc qu’est le Christ. Mais le Christ est plus grand, toujours plus grand que ce que nous en avons découvert. C’est notre condition de chercher, d’être en chemin, d’être pèlerin, jusqu’à ce que nous voyions face à face.

Le christianisme ne doit pas son caractère de vérité à l’éclat de quelque événement insolite, mais à ce signe que sous son influence et à sa lumière, le monde revêt dans son ensemble un maximum de cohérence pour notre intelligence, et un maximum d’intérêt pour l’action.

Teilhard de Chardin

  1. Adoration

On ne peut choisir qu’entre Dieu et l’idolâtrie. Il n’y a pas d’autre possibilité. Car la faculté d’adoration est en nous et elle est dirigée quelque part, dans ce monde ou en l’autre.

Simone Weil, Cahier III

Nous sommes faits pour adorer. Si nous n’adorons pas Dieu, nous idolâtrons. Le pouvoir, l’argent, le bien être, la nature, la jouissance… Toutes ces choses qui ne sont pas mauvaises, mais qui peuvent le devenir, si nous les absolutisons.

Dans notre Évangile, nous en avons l’exemple flagrant : Hérode et les mages.

Autour de la crèche, tous peuvent adorer, les petits et les grands, les riches et les pauvres.

 « Les Mages nous enseignent qu’on peut partir de très loin pour rejoindre le Christ. Ce sont des hommes riches, des étrangers sages, assoiffés d’infinis, qui entreprennent un long et dangereux voyage qui les a conduits jusqu’à Bethléem (cf. Mt 2, 1-12). Une grande joie les envahit devant l’Enfant Roi. Ils ne se laissent pas scandaliser par la pauvreté de l’environnement ; ils n’hésitent pas à se mettre à genoux et à l’adorer. Devant lui, ils comprennent que, tout comme Dieu règle avec une souveraine sagesse le mouvement des astres, ainsi guide-t-il le cours de l’histoire, abaissant les puissants et élevant les humbles ».

Je souhaite que durant cette année, nous soyons des adorateurs…

† Mgr Pierre-Antoine Bozo