Baptême …

En cette nuit de Pâques, trois enfants ont été baptisés. Deux viennent de notre catéchisme paroissial et la troisième est la petite sœur de l’une d’entre elles.

Que s’est-il donc passé ? Chloé, Emma et Elena sont entrées dans la famille de Dieu ; elles sont devenues sœurs du Christ ressuscité et de tous les baptisés du monde ; elles ont reçu, par l’onction d’huile sainte (le saint chrême), la force même d’aimer, l’Esprit saint. Elles sont entrées dans un dynamisme nouveau. Comme dit Saint Paul, que nous avons lu cette nuit, « Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle. » (Romains, 6, 4a).

Une vie nouvelle ? oui ! une vie de ressuscité dans l’amour. C’est l’énergie de la fraternité active du Christ que ces trois enfants ont reçue, comme nous-mêmes, au jour de notre propre baptême. Vie nouvelle, énergie de fraternité, voilà qui nous projette dans l’avenir. Le baptême n’est pas un rite clos, refermé sur lui-même. Il nous dynamise pour un ailleurs, plus haut, plus grand, plus beau que le moment présent, si intense soit-il.

Chloé, Emma et Elena ont reçu ce don à la façon du « grain jeté en terre » (Jean 12, 24). Il faut, bien sûr, le long travail de la vie, à l’intérieur de la terre, pour que « le grain meure », c’est-à-dire pour qu’il éclate et que pousse l’épi porteur de semences nouvelles. Il faut aussi le patient travail du laboureur, attentif à la terre qu’il laboure, irrigue et nettoie.

La terre, c’est notre communauté : l’Eglise universelle, bien au-delà de ses divisions historiques. C’est aussi notre communauté, en qui vit l’Eglise de Dieu, ici, et maintenant.

Le laboureur attentif, c’est le corps des baptisés, qui veille et travaille pour que la semence d’amour du baptême ne s’assèche ni n’étouffe ; c’est donc notre paroisse, qui devient aujourd’hui responsable du baptême de ces trois enfants, comme est responsable de sa terre le laboureur qui vit dans l’espérance de la moisson.

Ces baptêmes réveillent en nous tous l’incessante germination du grain semé, qui ne cesse de porter du fruit. Nous sommes invités à prendre soin de cette vie nouvelle qui renaît sans cesse en nos cœurs. Puisse-t-elle nous remuer « aux tripes », comme le fut Jésus face aux foules perdues et sans berger, errant sans but (Matthieu 9, 36). Puisse-t-elle nous conduire ainsi dans la patiente et belle construction de la fraternité des enfants de Dieu.

Dieu nous a fait la grâce de la foi. Elle n’est sans doute pas sans faiblesse ni sans questions, mais elle est là, premier fruit de ce qui a été semé en nous et dans l’Eglise au jour de notre baptême.

Le baptême de Chloé, Emma et Elena est don pour elles, pour nous et pour notre communauté.

Que notre action de grâce monte vers le Seigneur ressuscité, qui ressuscite ainsi sans cesse la vie heureuse et bienheureuse de Pâques.

Charles-Antoine du FORT+

Curé de Saint-Luc