
Jeudi Saint
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés. »
Jean13,34

Couleur liturgique : blanc
Aujourd’hui,les fidèles commémorent la Cène, repas où Jésus dit adieu à ses disciples et institue l’Eucharistie.

Pour accompagner vos enfants avant de compléter le jardin de Carême vers Pâques :
Que Doit-on faire le Jeudi Saint ?
Le Jeudi Saint ouvre le Triduum pascal, trois jours où l’Église revit pas à pas le mystère de la Passion, de la mort et de la Résurrection du Christ.
Ce premier jour est important pour les catholiques car c’est la commémoration du dernier repas du Christ : l’institution de l’Eucharistie et le lavement des pieds.
C’est une liturgie dense, progressive, qui nous conduit du repas partagé à la nuit de l’agonie, avec la veille priante au jardin de Gethsémani.
Le Jeudi Saint met particulièrement en lumière le mystère d’amour « jusqu’au bout » (Jn 13,1) à travers le don total du Christ, qui se met au service de ses disciples, de ses amis, en leur lavant les pieds alors qu’il se sait « condamné » et qu’il s’apprête à prendre son dernier repas avant d’être arrêté, trahi par un de ses amis.
Pourquoi commémorer un repas ?!
La messe du Jeudi Saint fait mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples.
Ainsi, lors de chaque messe, l’Eucharistie signifie le don ultime du Christ qui s’est donné pour sauver l’humanité.
Trois gestes essentiels sont rappelés lors de cette messe du Jeudi Saint :
- Le don de l’Eucharistie : Jésus prend le pain et le vin et dit « Ceci est mon corps… Ceci est mon sang… ».
Il se donne pour toujours, en nourriture, en présence réelle.
- Le don du sacerdoce : « Faites ceci en mémoire de moi ».
Le Christ confie à ses apôtres – et donc aux prêtres aujourd’hui – la mission de célébrer l’Eucharistie.
- Le geste du lavement des pieds : avant de manger, Jésus a choisi de laver les pieds de ses disciples.
Ce geste, réalisé par le prêtre à la messe, peut surprendre : il renvoie à l’humilité du Christ et à l’appel de se mettre au service.
C’est le signe bouleversant d’un Dieu qui se fait serviteur, qui se met à genoux devant l’homme.
Cette messe est un appel à entrer dans la logique du don : recevoir le Christ, mais aussi apprendre à se donner comme lui.
Pourquoi veiller et prier ?
Veiller et prier, surtout dans la nuit du Jeudi saint, répond à l’appel direct de Jésus de veiller et de prier à ses côtés au jardin des oliviers de Gethsémani avant son arrestation et sa condamnation. C’est un geste simple en apparence, mais chargé de profondeur spirituelle, humaine et communautaire. La prière de Jésus révèle toute son humanité, lui qui vit une angoisse profonde tandis que ses amis s’endorment. Il leur demande de veiller et de prier avec lui, de l’accompagner dans son combat intérieur dans l’attente de l’arrestation et de la mort. Veiller, c’est se tenir auprès de Jésus au moment où il est livré. C’est une manière de participer à son offrande, de se laisser toucher par son amour « jusqu’au bout ».
Veiller et prier, c’est répondre à une demande explicite du Christ : être présent, rester fidèle, ne pas fuir… Une demande qui rejoint une injonction qui revient régulièrement dans les Écritures : « N’ayez pas peur ! ».
C’est lors de cette veille au Mont des Oliviers que Jésus a transmis à ses amisla prière du Notre Père que nous récitons encore aujourd’hui, après que l’un d’eux lui ait demandé comment prier. À travers cette prière, il nous invite à remettre – comme lui – notre volonté entre les mains du Père : exprimer notre propre fragilité, demander la force, apprendre à faire confiance en toutes épreuves, remettre sa vie entre les mains de Dieu.
Comment Jésus fait-il pour ne pas se révolter et accepter la trahison de Judas ?
Judas a livré Jésus aux grands prêtres de Jérusalem pour trente deniers, évènement qui conduira Jésus devant Ponce Pilate.
Jésus ne se révolte pas contre la trahison de Judas parce qu’il savait déjà qu’il allait le livrer. Il l’annonce pendant la Cène : « L’un de vous va me livrer » ; « Celui qui s’est servi au plat en même temps que moi, celui-là va me livrer » (Mt 26, 20-25 ; Mc 14, 17-21 ; Lc 22, 21-23 ; Jn 13, 21-30)…. Il s’agit justement de Judas. Ils savent tous les deux ce que Judas va faire, mais cela n’enlève rien à la liberté de Judas.
Cela n’empêche pas la souffrance de la trahison, mais ce n’est donc pas une surprise. Jésus ne cesse pas de l’aimer pour autant.
Jésus voit la trahison s’inscrire dans l’histoire du Salut, comme l’accomplissement des Écritures. Il accepte cet évènement pour accomplir sa mission : Jésus transforme un acte de ténèbres en occasion de don. Par sa prière en amont au jardin des oliviers, il choisit de remettre sa vie entre les mains du Père, de se laisser livrer par Judas, plutôt que de se laisser gouverner par la colère ou la peur.
Après la célébration du Jeudi Saint, pourquoi l’autel est-il dépouillé & les croix retirées ou voilées ?
L’autel est dépouillé de ses nappes, fleurs et bougies ; le tabernacle reste vide et ouvert, puisque le Saint-Sacrement a été transféré au reposoir ; les cloches sont arrêtées ; et les croix sont voilées ou retirées. Ces gestes expriment liturgiquement l’entrée dans la Passion et viennent rappeler plusieurs symboles forts : le dépouillement du Christ – humilié et mis à nu au moment de sa Passion, le silence du Vendredi saint et l’attente de la Résurrection.
Ils actent que les heures de la Passion et de la mort du Christ approchent. Ce dépouillement marque aussi la fin de la célébration eucharistique : il n’y aura plus de messe jusqu’à la nuit de Pâques. De la même manière, les cloches ne sonneront plus jusqu’à cette nuit de Pâques.
Ces gestes permettent de faire vivre ce que l’Église célèbre : ressentir la gravité des heures suivant la Cène, entrer dans le dépouillement intérieur et accompagner Jésus dans son chemin vers la croix, dans l’attente de la résurrection.
(diocèse de Saint Dié)
POUR TOI :
« Construis ton jardin de Carême vers Pâques
Retrouve quelques conseils avec Maïte Roche et Bernadette Durand »

| L’installation de ton jardin va accompagner ta prière vers Pâques. Aujourd’hui, au centre de la croix, tu installes des éléments pour symboliser les gestes de Jésus : le linge et la cruche d’eau (le lavement des pieds), le pain rompu et la coupe (la Cène) , tu recherches des petits jouets, ou tu fabriques avec du papier, de la pâte à modeler les éléments dont tu auras besoin. Tu installes sur le côté gauche : le linge et la cruche, au centre de la croix : une table ou une nappe, un morceau de pain, une coupe. |
POUR LES PARENTS, GRANDS-PARENTS
La liturgie et le fleurissement : « Veillez et priez »

La liturgie du Jeudi saint nous fait vivre une expérience spirituelle d’intimité avec Jésus, de recueillement et d’amour d’une grande gravité. Nous revivons le dernier repas de Jésus avec ses disciples et aussi son agonie au jardin des oliviers. Le Jeudi saint est un temps exceptionnel d’union avec Jésus. Dans beaucoup d’églises, on est invité à communier au sang du Christ, comme cela est prévu dans le missel romain. C’est l’occasion de ressentir profondément l’amour du Christ qui a donné sa vie pour nous. Souvent des adultes font leur première communion le Jeudi saint.
Le geste du lavement des pieds est impressionnant. Il nous met en cause personnellement. La liturgie de cette fête nous concerne au plus intime de nous-même.
A la fin de la célébration le silence s’installe dans notre assemblée.
Nous partons du Cénacle, nous suivons Jésus jusqu’au jardin des oliviers, « Veillez et priez » Mt26,41
En procession, nous portons le ciboire et les fleurs en un lieu, le reposoir.
Dans beaucoup de paroisse, les fidèles participent à la procession. Tous portent un cierge allumé. A l’arrivé au reposoir, le prêtre encense le Saint Sacrement et on chante le « Tantum ergo ».
L’autel est dépouillé, la croix est enlevée et voilée, les cloches se taisent, le tabernacle reste ouvert.
Tout ce dépouillement : le Christ est entré dans sa passion, dépouillé de tout. C’est une nuit d’adoration, les fidèles s’unissent à la prière du Christ en veillant auprès du Saint-Sacrement.
Jésus demande que l’on reste avec lui alors qu’il s’apprête à franchir le grand passage. L’heure est grave et Jésus veux que nous restions avec Lui.
« Si Jésus me donne tout pour rester avec moi.
Et moi, qu’est-ce que je lui donne pour rester avec Lui ? »

Prier :
La veille de ta mort, Jésus
Tu as désiré d’un grand désir
partager le pain et l’amitié
avec tes disciples, avec nous donc, avec moi …
Nous te rendons grâce de nous avoir
aimé jusqu’au bout.
La veille de ta mort, Jésus,
Tu as voulu offrir ta vie
pour que l’humanité soit enfin libérée
de la peur, de la haine, de la mort.
Nous te rendons grâces de nous avoir
Montrer le chemin de la paix.
La veille de ta mort, Jésus,
Tu es devenu le pain de nos vies.
Le vin de notre joie.
Nous te rendons grâce de nous avoir
partagé ta vie et comblé de joie.
Que nous aussi, nous te le demandons,
nous soyons nourrissants pour nos proches.
[le dernier repas – René Berthier]

(Légende de la photo : Email – Limoges XVI ème s.)